mardi 31 août 2010

Les cocus volontaires


Je regardais un film de Cedric Clapish tourné en 92 qui évoquait assez drôlement les stratégies à la mode de cette époque, plus absurdes les unes que les autres, pour dynamiser les entreprises. Cela allait de la chorale du personnel aux vendeurs, déguisés en costume de carnaval, du grand magasin "animé" par deux imperturbables danseurs de sirtaki en jupettes, en passant par le stage obligatoire en camp de nudistes, la participation au marathon parisien et le saut à l'élastique, le tout ponctué de discours pontifiants et creux du directeur soulignant que la force de l'entreprise résidait "dans la richesse des individualités qui la composaient". Malgré des efforts couronnés de succès, les propriétaires liquidaient l'entreprise en question pour vendre les locaux à prix d'or, la décision ayant été prise à l'insu même du directeur que l'on avait laissé s'évertuer à redresser la situation en vain et tout le monde se retrouvait au chômage.

J'ai ai vu dans ce film comme une parabole de la France "métissée" d'aujourd'hui avec le même genre de discours pontifiant et creux sur la Diversité, la richesse de ses différences et de sa force black-blanc-beur, avec ses musées d'arts premiers, ses stages de danse africaine, ses festivals de musiques du monde, ses affiches "fièrement hallal" et en guise de saut à l'élastique, ces bobos qui ont décidé de faire le ramadan pour partager l'épreuve des musulmans. Et puis, à plus ou moins brève échéance, la catastrophe finale sans doute prévue déjà par les tireurs de ficelles, où presque tout le monde se retrouvera, passez-moi l'expression, cocu.

lundi 30 août 2010

Contre les mots de la paresse (stress)

Quelqu'un qui vous dit (par exemple) qu'il est stressé met de côté (paresseusement), évite (consciemment ou inconsciemment), méconnaît (oublie) des dizaines de mots bien plus précis, adéquats, sensés, explicites, imagés, que ce désastreux adjectif de concierge, lui-même renvoyant à un substantif qui ne veut pas dire grand-chose, du moins quand on l'emploie dans le sens qui est désormais omniprésent. Ce quelqu'un peut être nerveux, il peut avoir le trac, il peut être inquiet, anxieux, fébrile, apeuré, tétanisé, angoissé, tendu, oppressé, il peut être mal à l'aise, énervé, fiévreux, excité, irrité, impatient, bouillant, haletant, irritable, ému, troublé, impressionné, pantelant, retourné, tremblant, saisi, suffocant, alarmé, hors de lui, pétrifié, ivre, éperdu, affolé, frénétique, égaré, etc. Je ne continue pas, je pense qu'on peut facilement en trouver encore autant.

On a cru découvrir un mot précis (Mon Oncle d'Amérique), scientifique, nouveau, qui enrichissait la langue, qui ajoutait à la palette lexicale, et l'on se retrouve avec un étouffoir, avec un chiffon qui sert à faire la poussière, à s'essuyer la bouche, à se moucher, et qu'on noue autour du cou en guise de cravate. L'engouement pour les mots neufs (qui très vite se démodent) est toujours (devrait toujours être) suspect.

L'affreux (Art contemporain)

Après Jeff Koons et Murakami, ça va être au tour de Georges d'investir le Chiatô de Versailles. C'est pas les idées qui nous manquent, on vous rassure. Vous connaissez Mouammar ? Sympa, Mouammar ! Trop détaché, comme mec, trop trop. Il plane à fond, et puis, comme ça, sans prévenir, il agite l'index, montrant la dune, et ce sont onze vierges frisées qui fondent en giclées grecques. La giclée grecque, je vous la recommande, si vous connaissez pas, c'est à tomber. Musclez-vous l'annulaire du téléphone en prévision, je vous dis que ça. L'invitation au voyage, vous savez, son enfant, sa sœur, et les lentisques à l'ail. Le ciel se brouille et les œufs sont mollets, quand on y va par là dans le luxe, mais quand-même, c'est du taf. Mouammar a promis d'aider, pour les petits fours et les miroirs sans tain. Pas fou, Georges, il rassure les marchés financiers avant de foncer dans le lard des Bourbons. La Galerie des Garces et le Grand Troudufond sont au menu, mais il y aura des surprises tant que Fredo va s'en décrocher la trombine à pistons. On mettra le clitoyen au centre de la nervure spasmée et la diversité en 3D comme dans un film de Besson. Tous des Roms en revenance, tous des Palestiniens sur le retour, j'ai casté en grand, vous pouvez venir en famille décomposée : ça va être l'éternel détour et la fontaine des furieux.

dimanche 29 août 2010

Barbizet / Ferras



Pourquoi ? Parce que. Parce que je suis amoureux de cette sonate, parce que Ferras, c'est un peu mon père qui revit, parce que Barbizet m'est infiniment sympathique, parce que parce que. Parce que Franck joué par ces deux-là, c'est la France de mon enfance, et qu'il n'y a rien de plus beau ce soir.

vendredi 27 août 2010

L'affreux (aux lentilles)


Il m’apparaît de surcroît que l’objet de cette manifestation présente un risque sérieux de trouble à l’ordre public : les exemples récents d’apéros « saucisson et pinard » organisés à Paris, à Lyon et dans d’autres villes de France, sont là pour le prouver.
(Prout !)

Sur la "xénophobie" du peuple de France

Martine Aubry, Dominique de Villepin, savent-ils vraiment le sens des mots qu'ils emploient, savent-ils ce que sont les faits que désigne le terme xénophobie ? Pour les éclairer, et éclairer leur public sur leur fourberie politico-lexicale, voici un exemple vécu de xénophobie. Les faits m'ont été rapportés par une connaissance, de nationalité allemande, un jeune homme, qui se trouvait dans un cinéma de Bangkok, capitale du Royaume de Thaïlande, avant les "événements" du printemps dernier. Il essayait de suivre le film projeté, sur la vie de Coco Chanel, avec, assis à côté de lui un jeune couple de Thaïs qui n'arrêtaient pas de jouer avec leur téléphone mobile, de le faire sonner, tinter, bipper, etc. Il finit par leur demander une fois, puis deux fois, d'arrêter, d'interrompre leur jeu. Le couple intervertit ses places, la jeune femme s'asseyant à côté de lui. Moins d'une minute plus tard, la voici qui pousse des cris dans sa langue, que l'Allemand comprend un peu : "Le Farang (étranger en Thaïlande) là ! il fait que de me tripoter, ce dégueulasse! non mais regardez-le...etc." et d'ameuter toute la salle. On s'émeut dans les rangs. On bougonne, on lance des invectives, des menaces.. de loin en loin, et plus on est loin de la scène, plus on se prend à gueuler et à menacer fort... les hommes les plus vaillants enjambent les fauteuils les poings faits dans la direction de l'étranger... des étrangers. Notre Allemand, sentant venir le lynchage, prend la fuite, quitte les lieux, détale. Il ne fut pas le seul, tous les étrangers, occidentaux, présents à cette séance de cinéma, durent le suivre, ayant senti qu'en faisant face à la vague de fureur contre eux lancée, ils risquaient leur vie. Plus tard, cet Allemand confiera qu'il avait ainsi connu la plus grande frayeur de sa vie. Il avait ainsi échappé à un lynchage sans motif, dans un lieu où l'on s'y attendrait le moins.

Voilà ce que désigne le terme xénophobie dans la langue française commune. Nous savons, Mme Aubry, M. Villepin savent pertinemment que ce type de scène ne peut pas se produire en France dans une salle où des Français du peuple historique (*) seraient majoritaires. Je ne connais non plus aucun pays d'Europe occidentale où pareille scène, en 2010 serait concevable, et je crois pouvoir dire que s'il existe en Europe orientale des pays où elle serait possible, ceux-ci sont en nombre très réduit.

Dans la bouche de nos politiciens véreux, qui insultent l'intelligence du peuple historique à longueur d'années, lui mentent sur son histoire et l'état réel du pays, le mot xénophobie n'a strictement que le sens politique projeté qu'eux seuls lui donnent, dans des buts d'intimidation et de culpabilisation du peuple historique, dont ils font tout pour annihiler l'existence et jusqu'à la trace historique même.

(*) Je propose que l'on cesse d'employer ici, sur ce Forum, le terme souchien, impropre et dégradant pour dénommer les Français qui s'identifient au peuple historique de la France. Je propose que l'on adopte celui de "peuple historique". Pourquoi "historique" ? Pourquoi pas "peuple français" comme il y a un "peuple corse". Parce que certains Français, Arméniens, Libanais, Russes, Indochinois ou Maghrébins d'origine acceptèrent de s'identifier au peuple historique de France en reprenant à leur compte ses valeurs et en participant à son histoire. Il ne s'agit pas que des guerres et du "sang versé". Ces "non-souchiens" qui s'obligèrent à élever leurs enfants dans le respect de la Nation, de sa langue, qui prénommèrent leurs enfants en témoignant ce respect, s'intégrèrent et s'élevèrent pacifiquement dans la société française telle qu'ils l'avaient trouvée, font partie, représentent le "peuple historique de France". La racaille parasitaire qui s'agite dans ses quartiers, méprise ouvertement le peuple historique, lui impose mille tourments (qui deviennent des "incivilités" dans la bouche de nos politiciens véreux), conchie sa langue, son histoire, ses lois et ses valeurs, n'est pas du peuple historique. Son appartenance est autre; elle est communautaire, clanique et foncièrement étrangère au peuple historique. Les quartiers que contrôle cette racaille ne doivent donc pas être dénommés "quartiers populaires"; cette dénomination appliquée à de tels quartiers participe encore de l'usurpation organisée par la politicaille véreuse qui amalgame le peuple historique à cette fange dont elle se sert pour alimenter ses phantasmes et ses désirs politico-libidineux les plus troubles.

(Francis Marche)

jeudi 26 août 2010

Travers de bouteilles à la merde


Ma situation pécuniaire est absolument impossible, intenable. J'ai à peu près six cent francs de revenus par mois. J'emprunte un peu ici et là, mais je ne peux pas emprunter vraiment, puisque je n'ai aucune perspective de rentrées. Et bien entendu ça influe sur tout le reste de ma vie, ça complique tout. Si quelqu'un vous propose de dîner avec lui, dire "Je ne peux pas, je n'ai pas d'argent", qu'on le veuille ou non, c'est toujours une espèce de chantage : ça ne peut pas ne pas vouloir dire, au moins un peu : "Je veux bien dîner avec toi, mais seulement si tu m'invites". Ou bien alors il faut prétendre qu'on ne peut pas, en donnant une autre raison, une raison fausse, ce qui est absurde. Bien sûr, W. estime que je devrais "travailler", avoir une situation, aller à un bureau comme tout le monde, devenir professeur, n'importe quoi. Il dit qu'un tas d'autres écrivains bien meilleurs que moi travaillent, ont travaillé et ne s'en sont pas portés plus mal, ni leur oeuvre. Et il cite toujours Mallarmé, évidemment. À quoi je réplique que Mallarmé était un poète, et que son oeuvre est joliment mince, justement, etc. Mais comment pourrais-je "travailler" ? Déjà en ce moment je n'arrive pas du tout à faire ce que littérairement je voudrais faire, à lire ce que je voudrais lire, à mener les recherches que j'aurais besoin de mener. Qu'est-ce que ce serait si j'avais un job ?

Journal de Travers, I, p. 478

mercredi 25 août 2010

Rediffusion n° 6

Je


mardi 24 août 2010

samedi 21 août 2010

L'affreux (d'une certaine manière)

Dans tripe il aurait pu y avoir pitre. « J’avais une amie qui disait : ‘Mon adresse, c’est A2’… La position dans son avion. Elle se pensait elle-même comme un Rom d’une certaine manière. » Michel ne serre plus A'rien, ses crocs creux ont fait le tour de cadran, comme les ongles des morts. Plus moyen de se gratter l'occiput sans faire tut-tut dans l'ut à l'occident de son siège percé. Il retourne d'une certaine manière à l'état de Nirvana précoce. ROM = Read Only Memory : Serres Michel c'est le Michel Serrault de la blague rides only, il se pense comme un penseur sans rides alors qu'il est vieux vieux vieux, tellement vieux comme les enfants un peu benêts d'aujourd'hui. S'il était obèse, on aurait un peu pitié de lui, mais cette disgrâce ne lui est même pas accordée, alors il en rajoute pour se faire remarquer dans l'avion, près de son-amie-qui-se-pense-comme-un-Rom-d'une-certaine-manière — il a sans doute peur qu'on l'oublie sur le saint siège percé d'où il pourrait chuter dans l'hyper-espace de l'oubli only.

Mi sirote un jus d'abricots trop mûrs. Devant lui, le journal du soir, ouvert. Il décroche son téléphone, compose un numéro et annonce à son interlocutrice : « Je suis philosophe, j'aurais des choses à vous faire savoir. » Puis, précipitamment : « Ne raccrochez pas, je m'appelle Mi… »

Et voilà, c'est toujours comme ça, je commence par le commencement, et c'est tout de suite la fin. Montage électronique à tête molle, il s'endort le nez sur son jour…

jeudi 19 août 2010

À pied sur les molaires de marbre


Faites comme Georges, faites le ramadents. Ne mordez que le soir après le coucher du soleil ou le matin avant l'aurore, mais allez-y carrément. Et si quelqu'un vous lèche les bottes, mettez-lui le pied dessus avant qu'il ne commence à vous mordre.

Vite !

Ligne tendue entre le tragique et la joie, le bop est sans doute la seule musique qui sache à ce point mettre de la vitesse dans l'abandon et la désinvolture. On n'imagine pas un Charlie Parker à la retraite, en cure thermale ou surfant sur le Net. Il y a autant de différence entre la musique de Bird et le jazz qu'il a entendu enfant qu'entre une page de blog et les paperolles de Proust. J'aime énormément le fait qu'une musique de divertissement ait pu se réveiller un beau matin dans les draps froissés d'une guerrière pressée. Même dans les ballades, et peut-être surtout dans les ballades, on entend cette morsure de la mort qui va droit vers la sortie, le geste dur et coupant, en zig-zag au plomb.

mercredi 18 août 2010

Frédéric et Martha



Au moment de l’autopsie, on préleva son cœur, selon le vœu exprimé par le mourant. Il fut plongé dans un vase de cristal rempli de cognac, placé dans une urne, et celle-ci, rapatriée à Varsovie par sa sœur Ludwika, fut enfermée dans un double coffre d’ébène et de chêne, et déposée dans les catacombes de l’église Sainte-Croix. En 1878, le neveu de Chopin obtint que l’urne fût transférée dans la nef de l’église où elle fut scellée dans un pilier. Elle y est toujours.



Argerich : Chopin est terriblement difficile. Il y a longtemps que je ne l’ai pas joué... C’est mon amour impossible. Il est très jaloux.




Jouer

Un des plus beaux exemples qu'il m'ait été donné de voir de ce mystérieux pouvoir de la musique savante occidentale de se jouer de ses représentations. L'enregistrement est épouvantable, le son est catastrophiquement mauvais, et pourtant, on saisit tout, on comprend tout, on entend tout, la musique est là, entièrement, souveraine.


mardi 17 août 2010

Le Quatuor

À gauche, le violoncelle. Au centre, l'alto. À droite et en haut, plus loin mais revenant, les deux violons. On notera que le violoncelle et l'alto sont bruns et accroupis, alors que les violons sont debout et blonds. La photo est prise à l'instant des pizzicatos.


jeudi 12 août 2010

Jaime Semprun est mort


Pour apprécier à sa juste valeur la part du gauchisme dans la création du novhomme et dans la réquisition de la vie intérieure, il suffit de se souvenir qu'il s'est caractérisé par le dénigrement des qualités humaines et des formes de conscience liées au sentiment d'une continuité cumulative dans le temps (mémoire, opiniâtreté, fidélité, responsabilité, etc.) ; par l'éloge, dans son jargon publicitaire de "passions" et de "dépassements", des nouvelles aptitudes permises et exigées par une existence vouée à l'immédiat (individualisme, hédonisme, vitalité opportuniste) ; et enfin par l'élaboration des représentations compensatrices dont ce temps invertébré créait un besoin accru (du narcissisme de la "subjectivité" à l'intensité vide du "jeu" et de la "fête"). Puisque le temps social, historique, a été confisqué par les machines, qui stockent passé et avenir dans leurs mémoires et scénarios prospectifs, il reste aux hommes à jouir dans l'instant de leur irresponsabilité, de leur superfluité, à la façon de ce qu'on peut éprouver, en se détruisant plus expéditivement, sous l'emprise de ces drogues que le gauchisme ne s'est pas fait faute de louer. La liberté vide revendiquée à grand renfort de slogans enthousiastes était bien ce qui reste aux individus quand la production de leurs conditions d'existence leur a définitivement échappé : ramasser les rognures de temps tombées de la mégamachine. Elle est réalisée dans l'anomie et la vacuité électrisée des foules de l'abîme, pour lesquelles la mort ne signifie rien, et la vie pas davantage, qui n'ont rien à perdre, mais non plus rien à gagner, « qu'une orgie finale et terrible de vengeance » (jack London).

Véritable avant-garde de l'adaptation, le gauchisme (et surtout là où il était le moins lié au vieux mensonge politique) a donc prôné à peu près toutes les simulations qui font maintenant la monnaie courante des comportements aliénés. Au nom de la lutte contre la routine et l'ennui, il dénigrait tout effort soutenu, toute appropriation, nécessairement patiente, de capacités réelles : l'excellence subjective devait, comme la révolution, être instantanée. Au nom de la critique d'un passé mort et de son poids sur le présent, il s'en prenait à toute tradition et même à toute transmission d'un acquis historique. Au nom de la révolte contre les conventions, il installait la brutalité et le mépris dans les rapports humains. Au nom de la liberté des conduites, il se débarrassait de la responsabilité, de la conséquence, de la suite dans les idées. Au nom du refus de l'autorité, il rejetait toute connaissance exacte et même toute vérité objective : quoi de plus autoritaire en effet que la vérité, et comme délires et mensonges sont plus libres et variés, qui effacent les frontières figées et contraignantes du vrai et du faux. Bref, il travaillait à liquider toutes ces composantes du caractère qui, en structurant le monde propre de chacun, l'aidaient à se défendre des propagandes et des hallucinations marchandes.
Extraits de L’abîme se repeuple (éditions de l’Encyclopédie des nuisances, 1997)


Toute réflexion sur l'état du monde et sur les possibilités d'y intervenir, si elle commence par admettre que son point de départ est, hic et nunc, un désastre largement accompli, bute sur la nécessité, et la difficulté, de sonder la profondeur de ce désastre là où il a fait ses principaux ravages : dans l'esprit des hommes. Là il n'y a pas d'instrument de mesure qui vaille, pas de badges dosimétriques, pas de statistiques ou d'indices auxquels se référer. C'est sans doute pourquoi si rares sont ceux qui se hasardent sur ce terrain. On grommelle bien ici ou là à propos d'une catastrophe "anthropologique" dont on ne discerne pas trop s'il faudrait la situer dans l'agonie des dernières sociétés "traditionnelles" ou dans le sort fait aux jeunes pauvres modernes, en conservant peut-être l'espoir de préserver les unes et d'intégrer les autres. On pense cependant avoir tout dit lorsqu'on l'a dénoncée comme le produit de la perversité "néo-libérale", qui aurait inventé récemment la fameuse "globalisation des échanges" : on se défend ainsi de reconnaitre, après tant d'années et de slogans "anti-impérialistes", que cet aspect du désastre a quelque chose à voir avec une logique d'universalisation depuis longtemps à l'oeuvre, et relève de bien plus que d'une simple "occidentalisation du monde".



La catastrophe historique la plus profonde et la plus vraie, celle qui en dernier recours détermine l’importance de toutes les autres, réside dans le persistant aveuglement de l’immense majorité, dans la démission de toute volonté d’agir sur les causes de tant de souffrances, dans l’incapacité à seulement les considérer lucidement.

Cette apathie va, au cours des prochaines années, être de plus en plus violemment ébranlée par l’effondrement de toute survie garantie.

Et ceux qui la représentent et l’entretiennent, en berçant un précaire statu quo d’illusions tranquillisantes, seront balayés. L’urgence s’imposera à tous, et la domination devra parler au moins aussi haut et fort que les faits eux-mêmes. Elle adoptera d’autant plus aisément le ton terroriste qui lui convient si bien qu’elle sera justifiée par des réalités effectivement terrorisantes. Un homme atteint de la gangrène n’est guère disposé à disputer les causes du mal, ni à s’opposer à l’autoritarisme de l’amputation.

(Encyclopédie des Nuisances, n° 13, juillet 1988)

mercredi 11 août 2010

500 / 11

Tout le monde a besoin de trucs. Des trucs pour jardiner, des trucs pour draguer, des trucs pour éviter les radars, des trucs pour bloguer à la cool, des trucs pour maigrir, des trucs pour écrire un roman en une semaine, des trucs pour apprendre le piano en trois semaines, des trucs pour économiser les sacs poubelles, des trucs pour voyager pas cher, des trucs pour bronzer intelligent, des trucs pour avoir bonne haleine le matin, des trucs pour que ce soit la maison du voisin qui soit cambriolée plutôt que la sienne, des trucs pour fumer, boire et vivre cent ans, des trucs pour comprendre Lacan, des trucs pour donner l'impression qu'on a lu Claude Simon, des trucs pour avoir les dents blanches, des trucs pour avoir l'air intelligent en disant n'importe quoi, des trucs pour échapper au serial killer qui sévit dans le quartier, des trucs pour que l'avion dans lequel on part pour les Seychelles ne soit pas détourné par des Palestiniens, des trucs pour être invité à la télé, des trucs pour garder sa maison fraîche en été, pour savoir si on se trouve dans l'hémisphère sud ou l'hémisphère nord. Tout le monde en a besoin, de ces trucs. Et même d'autres trucs auxquels je ne pense pas. Même sans y penser, à ces autres trucs, Georges a fait en sorte qu'ils soient dans son livre. Tous. Pas pour rien que le livre est vert ; pas besoin de vous faire un dessin. 500, c'est un nombre cool. On fait le tour de la question, en fait, voilà. Domaines de la religion, de la gastronomie, de la diététique, du culturel, de la politique, du tourisme, de la vie pratique, de l'éducation, de la citoyenneté, de la Bourse, du lien social, du sport, des nouvelles technologies, du clonage, de l'astrophysique, de l'écologie, du nucléaire, des réseaux, des jeux d'argent, de la mécanique quantique, de la téléréalité, du coaching, de la pornographie, de la musique post-sérielle, tout, tout y est. On a fait le tour, complet. Bossé un max. Vous avez une question, on a la réponse. Ça tient dans la poche. Pourquoi "jardinage" ? Parce que : Cultive ton jardin ! OK ? OK !

En avant-première, je vais donner à mes lecteurs un truc de truc. Une sorte de super-truc intégré, d'essence de truc, j'ai-envie-de-dire. Un truc qui résume les autres trucs, qui les englobe, qui les enchâsse dans de la dialectique supra-conductrice à moment de force inversé. Plus question de casser les briques, dorénavant, il suffit de les frotter d'huile sainte. L'atome, Georges l'a maîtrisé, à froid. Sans déconner. À somme nulle, on compute le réel, ici. Tranquille, relax, le Qi en pinceau calme, l'anus en ondes alpha, on se soumet. On franchit un niveau, quoi. On avance sa langue, on évolue sa race, on dépasse le dépassement. Bon, alors, le Truc, c'est tout simple. Tout simple avec des conséquences de folie. Vous faites ça, et après on en reparle. Pas compliqué.

Faites le ramadan.

Le meilleur blog


Ne cherchez pas, il est là, le meilleur blog de l'été, de l'année, de la décennie, le seul qu'on ne doive rater sous aucun prétexte. Tout le reste est bavardage et perte de temps.

lundi 9 août 2010

Teneramente…

Le corbeau dans la plaie (messages personnels)

Plaie d'anonyme n'est pas mortelle. Mieux vaut un Gardel que deux tu l'auras. Si tu ne vas pas au New Phonic Art, le New Phonic Art ira-t-à toi. Quand elle remplit le si, je vide le la. Anna Colute (son gros pistolet sur ma tempe) me fait les gros yeux.

dimanche 8 août 2010

vendredi 6 août 2010

Les yeux crevés ou Le braillomètre s’affole

Le vrai scandale de la Ve République crève les yeux mais n'est toujours pas désigné. Il est à rechercher dans la constante indifférence portée aux Français par ceux qui prétendent parler en leur nom. Cette usurpation de pouvoir, que vous êtes nombreux, chers lecteurs et amis, à dénoncer depuis longtemps sur ce blog de libre expression, est en train de révulser l'ensemble de la France silencieuse, de plus en plus choquée par les maltraitances qu'elle subit depuis plus de trente ans. Le spectaculaire plébiscite que recueillent les mesures sécuritaires du gouvernement (sondage publié dans Le Figaro de ce vendredi) est une des expressions de la rupture désormais consommée entre le peuple et les apprentis sorciers qui, dans leur quête de l'Homme nouveau, ont brisé l'homogénéité de la nation pour en faire un possible théâtre d'une prochaine guerre civile. Celle-ci en est aux répétitions accélérées, quand des policiers essuient très régulièrement (à Auxerre et Villiers-le-Bel, hier encore) des tirs d'armes à feu venus de cités. La gauche et ses médias, qui cherchent ces jours-ci à gonfler artificiellement des "affaires" qui sont d'abord des chasses à l'homme, auront à répondre (ainsi que ces personnalités de droite qui ne savent plus où elles habitent) de leur stupéfiant mépris du peuple dans sa plainte existentielle.

L'impossibilité qu'ont les donneurs de leçons à se sortir du discours automatique, qui dénonce des "propos nauséabonds" comme le ferait un disque rayé, suffit à démontrer leur incapacité à réparer les désastres qu'ils ont produits ou soutenus, et qu'ils nient encore. Le communautarisme et sa délinquance spécifique sont une des révoltantes conséquences d'un angélisme imbécile qui persiste à penser que des peuples peuvent s'inviter chez d'autres peuples dans l'euphorie du vivre ensemble. Le refus de s'intégrer d'une partie de la communauté musulmane, la quérulence des radicaux et le racisme anti-Français qui en découle parfois sont des non-dits qui ajoutent à l'exaspération de ceux qui sont régulièrement désignés comme racistes et xénophobes parce qu'ils demandent une élémentaire considération pour la France, son histoire, sa culture, sa langue, son mode de vie. C'est cette révolte de la France silencieuse, dont on s'aperçoit qu'elle a su résister à des décennies de lavages de cerveaux sur sa prétendue culpabilité, qui est en train de se lever. J'en fais ici le pari : le scandale de sa longue relégation dans les silences et les dénégations médiatiques ne fait que commencer...

Rien à ajouter à ce bel article d'Yvan Rioufol. Finalement, si, il faut ajouter un second article à celui de Rioufol, qui est l'article écrit par le menuiser de Causeur, Cyril Bennasar, car ces deux papiers sont compatibles au niveau de la synergie on va dire.


(…) Il faut être aveugle ou journaliste à France Inter pour ne pas voir le rapport entre délinquance et immigration. Veut-on que le pays entier ressemble un jour aux quartiers nord de Marseille parce que nous aurons tenu à rester fidèles à une Constitution faite en d’autres temps et pour d’autres mœurs ? ()

(…) C’est à croire que l’âme de la France, ce n’est pas son peuple en voie de colonisation on ne peut plus constitutionnelle, ce ne sont pas ses vieux contraints dans les quartiers de leur enfance de descendre du trottoir pour ne pas être bousculés, ce sont les principes gravés dans le marbre de sa Constitution. ()

mardi 3 août 2010

BeautyFruti m'écrit !


Bonjour! J'ai trouve votre profil en ligne reseaucontact.com. Je cherchequelqu'un pour l'amitie, la communication, et eventuellement pour unerelation serieuse. je n'ai jamais ete marie et sans enfant. Je suisgai, aimable, honnete, les gens fideles. J'aime communiquer avec lesgens. J'aime avoir du plaisir. J'aime les animaux. Si vous etesinteresse a faire connaissance avec moi, ecrivez-moi une reponse a monemail: beautyfruti@yawol.com. Peut-etre que nous avons beaucoup en commun et nousserons interesses a communiquer les uns avec les autres! Je serai tresheureux si vous m'envoyer la reponse! Je vais vous envoyer ma photolorsque vous repondez a moi. Je vais attendre de vos lettres! p.s. Also I know English, if you want to speak English, then youcan write me in English, because I know English good! When you replyto me, I'll send you my picture!



lundi 2 août 2010

Pierrette et le poteau laid

Non non non non, ce n'est pas de la provocation.

Non non non non, tout va bien, rendormez-vous, braves gens, le Commandant Bob Morane veille sur la vieille France la vieille fille qui se fait tirer la peau comme Pierrette se fait casser son pot à beurre avant d'écarter les fesses en frémissant d'aise de sa haine de soi retournée telle un gant jeté comme argent par la fenêtre où ne pas se jeter puisqu'en bas c'est la même auberge espagnole sentant la pisse et le crachat. Mais où sont donc passées toutes les belles Françaises qui avaient ce chien qui nous dressait l'échine dans la nuit moite ? Bordel de Dieu ! Saloperie ! Au poteau, Georges, traîne pas comme ça, on a encore une légion à abattre, nous, les Fils de Dieu !


Véra est en colère



Pour Véra et pour Macha.

Oui !


dimanche 1 août 2010

Grimper aux rideaux, nouvelle édition (Tout se tient)

Les racailles et les courriers. Nouvelle époque, nouveaux pluriels. Tout le monde s'en fout, je sais. Pas moi. Les personnels (de France Télécom) aussi… Mais le parent. Là on comprend pourquoi, avec la disparition de la famille. Et ton parent, il fait quoi dans la vie ? Il fait pas racaille j'ai envie de dire ? Ah, il fait l'acteur sur Paris ! Et il t'envoie des courriers au moins ?

Ça me fait penser à ces ridicules pianissimi, tempi et autres alti et scenarii. L'autre jour, à Milano, on a vu deux concerti dans la même soirée. Je suis hyper-fan de musique, moi : Ioutou et après un récital de Paolo Conte, qu'on s'est faits, avec Jessica. C'était trop top, on va dire.

Le "concert", le "récital"…

Dans le genre pénible, il y a aussi cette nouvelle manie qu'on a de changer les adjectifs pour faire genre revisitons les locutions du passé. On ne nous fatigue plus de "Bonne journée !" (et déjà, on s'en passait volontiers…), dorénavant c'est "Belle journée ! " ou, encore pire : "Douce soirée ! " qu'il faut se taper quinze fois par jour. Ces crétins ont l'impression qu'il faut sans cesse adapter, rénover, rendre "attractif", moderniser, "poétiser" (sic) des expressions dont de toute manière ils ne comprennent la plupart du temps même pas le sens. En cela ils se comportent comme les adolescents qu'ils sont avec passion. Puisqu'on parle des manies adolescentes, le "très charmant", vous y avez droit aussi, non ? Y a pas de raison que je sois le seul à subir ces crétineries.


Quand-même, j'y reviens. Ce singulier du vocable "parents" est très intéressant. Si l'on utilisait naguère le mot seulement au pluriel, c'est bien entendu qu'on savait alors que le fait d'être "parents" (quand ce terme désigne ceux qui ont des enfants, qui fondent une famille) impliquait nécessairement la paire, et plus que la paire, le couple, la dualité sexuelle et la répartition des tâches et des responsabilités. Ça ne va plus de soi, apparemment… On pourra toujours faire des "Grenelles de l'Autorité", ce sera immanquablement comme pisser dans un violon. Des familles où les adultes (faut le dire vite !) sont constitués de "parent", soit le papa soit la maman, et même les deux ensemble d'ailleurs, n'auront jamais plus la moindre autorité sur leurs enfants. Un père (ou une mère) pouvait avoir de l'autorité, pas "un papa". Quand en plus ces abrutis se retrouvent seuls devant "leur gamin", comme c'est la règle aujourd'hui… On a beaucoup moqué le "c'est comme ça !" de nos parents, quand nous osions par hasard contester une décision de leur part, et Dolto (la maman de Big Mother) est passée par là, ridiculisant ce qui pouvait rester de ces-pratiques-d'un-autre-âge. On voit le joli résultat.