
Jamel Debouzze fait le pitre dans la rue, à Hollywood. Une Américaine qui passe par là lui tend un billet d'un dollar. Lui : « Madame, en France, je suis une star ! » Elle : « Ici, ça vaut un dollar. » Ça c'était la bonne nouvelle du jour. On m'accuse de toujours râler, je prouve que c'est faux.
Des médecins (jeunes) à la radio (France-Culture, ce soir). La question : « Combien est payé un jeune médecin qui débute à l'hôpital ? Diriez-vous que "c'est correct" ? » La réponse : « Entre 1400 et 1500 euros. On va dire qu'on peut pas se plaindre. »
Les mêmes, qui parlent de leur métier. « On a tombé la cravate, on est plus proches des gens, c'est bien. » Une autre : « Moi ce que j'voudrais c'est être salariée. Le libéral ça me dérange. » Tous commencent chacune de leurs phrases par "Moi je", et tous cartonnent au "c'est vrai que".
(La prolétarisation de toute la société française est bientôt achevée, c'est avec les médecins qu'on s'en aperçoit. S'ils trouvent que gagner 1500 euros par mois en travaillant dix heures par jour et après avoir fait huit ans d'études est normal, alors c'est vrai qu'on va dire que Tout va bien madame la marquise. D'un autre côté, ils ont la langue et la pensée qui vont avec les 1500 euros, et se mettent par là en conformité idéologique avec Big Other, il est donc hors de question de les plaindre. Dans le mouvement, je propose qu'on baisse le salaire des profs, ces abrutis payés à glander près de la machine à café : 900 euros par mois, ça devrait aller. Eux, ça fait vingt ans qu'ils ont "tombé la cravate" et qu'ils s'habillent plus mal que des chômeurs en fin de droits. Dans le même temps, j'annonce que je pourrais éventuellement me contenter d'un salaire de 4000 euros (net) par mois, il n'y a aucune raison que je ne suive pas le mouvement d'humilité et de tempérance qui semble s'annoncer dans notre belle France.)