dimanche 5 janvier 2014

Disparition


J'ai lu dans le journal qu'un homme de cinquante-trois ans avait été partiellement dévoré par son chien. Il est mort seul chez lui en compagnie de son chien. Comme on ne l'a découvert que quelques jours plus tard, le chien a dû avoir faim et a commencé à manger son maître. Quelle chance il a ! Je parle de l'homme, pas du chien. Parce que j'imagine que pour le chien, ça n'a pas dû être facile de se décider à dévorer son maître. Mais quelle plus belle mort que de servir de nourriture à celui ou à celle qu'on aime et qui vous aime, dès lors qu'il n'a pas le choix. Si Luna m'avait dévoré, après que je sois mort enfermé dans la maison avec elle, j'aurais voulu qu'on la traite avec gratitude et dévotion. J'imagine la scène : la maison ouverte, un chien, pas d'homme. Le crime parfait. Voilà comme j'aurais aimé finir.