mardi 20 janvier 2015

Résurrection (2)


« Au fond vous êtes un drôle de garçon. » Elle était encore couchée, merveilleusement belle, après l'amour, et lui déjà habillé. Il lui prit la main et la baisa. Il regarda sa montre et lui dit qu'il devait y aller. Il alluma une cigarette et claqua la porte de l'appartement. Dans l'escalier, il se dit que la vie sans les belles femmes, vraiment, ce n'était pas possible.

Le Wurlitzer jouait Touche pas au grisbi. Les couleurs lui revenaient. Ils marchaient à quatre pattes et mangeaient de l'herbe. Il se demanda à quoi bon tenter de les réveiller. Passons.

Ce soir ils vont dîner chez des amis. Au menu, couscous et danse du ventre. Quand ils arrivent dans le beau parc, il y a déjà pas mal de voitures garées devant la maison. Il lui ouvre la porte de la voiture, elle saute et va pisser longuement sur la pelouse. Il sonne à la porte, une jeune femme qu'il ne connaît pas vient lui ouvrir immédiatement et a un coup d'œil méprisant pour le chien. « Elle est avec moi » dit-il, et il s'étonne lui-même de cette formule. La femme prend son manteau, son écharpe et ses gants, et déjà Luna s'est engouffrée à l'intérieur, sans un regard pour la fille de l'entrée. Près du piano, Caroline est en train de rire très fort, la main sur sa poitrine, qu'elle a volumineuse. Quand elle le voit s'avancer, elle se dirige vers lui pour venir l'embrasser ; c'est le moment que choisit Luna pour revenir vers lui et aller renifler les fesses de Caroline, qui sursaute et rougit. « Mais… » Quand elle aperçoit Luna, elle grimace, et se jette au cou de Georges en lui disant d'un seul souffle : « Ah, comme je suis contente que tu aies repris un chien, tu as suivi mon conseil ! » Puis elle essaie de caresser Luna, qui se défile vers une table où se trouvent des amuse-gueules. « C'est fou ce qu'il lui ressemble ! Comment l'as-tu trouvé ? J'ai eu l'impression de la revoir ! » Il lui répond comme il peut, mais elle n'écoute pas vraiment, car Albert D. s'est mis au piano. Il joue Nuages gris et quelques romances sans paroles sur un magnifique Fazioli. Puis Caroline le rejoint pour un Mozart et quelques Brahms.

(…)