lundi 24 août 2015

Kundera


Je suis en train de lire Kundera, et celui-ci apparaît dans l'encadrement de la porte ! Il porte un étui à violon et un grand carton à dessin. Il me demande comment se nomment les habitants de Vézénobres. Je lui réponds, mais j'ajoute que je ne suis pas sûr de moi.

On entend un énorme vacarme. Avions, chars, mais oui, nous sommes le 21 août ! Il ne semble pas entendre le bruit, pourtant infernal ! Il me sourit, puis reprend sa marche (il était en train de gravir les escaliers). 

Je cours après lui, mais il a disparu. Je m'égare dans les ruelles très pentues du village, le sol est glissant, et tout à coup, la nuit est tombée. Je n'ose plus faire un pas. Je m'avise que les bruits militaires ont cessé,  et je vois qu'il se met à neiger. Puis, du fond de l'espace me parvient la musique du troisième Nocturne de Debussy, avec les femmes qui chantent à bouche fermée, et je vois Luna qui vient à moi, marchant lentement, recouverte d'un manteau de neige immaculée. Elle a l'air épuisée. Je la prends dans mes bras et je m'aperçois qu'elle pleure doucement, sans bruit. Ses pattes sont en sang. Elle a traversé la mort pour me rejoindre et c'est un miracle que j'aie été au bon  endroit pour la retrouver. J'ai honte de ce hasard.

Kundera sort d'ici. Il me dit que Kundera aurait pu placer la barre plus haut, dans ses romans, mais que ses essais sont bons. Je lui demande pourquoi il a cessé d'être Kundera, et alors il éclate de rire, remet son chapeau sur la tête, et s'en va. 

J'ai bien senti qu'il n'était pas convaincu par ma peinture. Il me dit : « Vous touchez à tout ! » et je ne peux que lui donner raison. Je touche à tout parce que j'aurais voulu toucher toutes les femmes.